mariebrunelm's Reviews (478)

informative inspiring reflective fast-paced

In this non-fiction book, author Gail Carriger defines the heroine’s journey in opposition to the hero’s journey, and gives examples from myths to contemporary TV series. Combining humour and research, she explains what it is, how to spot it, how to write it, and what it says about us as readers and as a society.
I really enjoyed this book for the way it offers a counterpoint to stories of lonesome heroes defeating obstacles and fighting big bad guys to retrieve precious boons. This type of story feels increasingly boring to me, and so I loved how Carriger explored the defining traits of those stories who focus on community, connection, asking for and offering help. She makes a very clear point about how “heroine” has nothing to do with the character’s gender or sexuality. Instead, she uses hero / heroine to define how the main character is gendered by the narrative.
This book gave me food for thought. One major thing I had trouble with is that it makes extensive use of Harry Potter as an example. Being published in 2020, this book was most probably written in 2019 and so I won’t hold it against the author because I feel like 2020 was really the year when we couldn’t ignore anymore how problematic the HP author is. Also, the point of The Heroine’s Journey is showing how those types of narrative can create such strong emotional connection with readers, and there is no denying how much HP meant for so many of us when we grew up. I still wish another work had been chosen as an example, because The Heroine’s Journey is a very valuable book on writing but I’ll recommend it with this caveat.
dark mysterious reflective fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: No
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

Dans cette traduction libre du poème de Christina Rossetti “Goblin Market” (1862), l’autrice, traductrice et poétesse Clémentine Beauvais joue avec les mots et avec toutes les possibilités du français pour nous donner sa version de cette histoire mystérieuse et bourrée de symboles.
Ce livre est d’abord un superbe objet, avec ses dorures, sa couverture toilée et ses illustrations de Diglee. Son trait souple en deux tons de noir et d’ocre fait vivre les héroïnes pré-raphaélites dans des illustrations absolument superbes. On sent à la fois les influences de l’artiste et sa sensibilité moderne, pour un mélange qui fonctionne à merveille et accompagne si bien le texte de Clémentine Beauvais. Diglee rédige également une introduction consacrée à Christina Rossetti qui la replace dans le riche contexte culturel de son époque.
L’introduction de Clémentine Beauvais, quant à elle, tord le cou aux critiques que l’autrice s’attend à recevoir pour son travail tout en liberté. Après tout, qu’est-ce qu’une traduction “fidèle” ? Est-ce celle qui utilise un français de 1862 pour traduire les vers furieusement intemporels de la poétesse ? Celle qui retranscrit les conventions de l’époque, au risque d’enfermer le texte dans la naphtaline ? Clémentine Beauvais fait le pari d’une traduction dite “libre”, qui restitue tous les mouvements du texte, sa vivacité comme sa noirceur.
Pour moi, c’est un pari gagné.
challenging dark lighthearted tense fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

Dans cette suite ébourriffante aux Fiancés de l’Hiver, Ophélie plonge encore plus profondément dans les intrigues néfastes de la Citacielle. Mais cette fois-ci, elle le fait de son propre gré, et son parcours l’emmène jusqu’aux confins du Pôle où l’attendent des alliés un peu encombrants et des révélations des plus troublantes.
Si je ne me souvenais plus avoir lu le tome 3 de cette série, c’est bien parce que ce tome 2 est absolument bouillonnant d’aventures et de mystères. Le rythme ne faiblit à peu près jamais, et on n’a d’autre choix que de courir aux côtés d’Ophélie pour ne rien rater de toutes les péripéties. J’en sors un peu essoufflée mentalement, avec la sensation d’avoir regardé un film qui allait un peu trop vite et qui m’empêchait de fixer les moments importants dans ma mémoire. C’est une lecture qui reste très divertissante, quand bien même mon aphantasie était au supplice : cette série est très, très visuelle, car nombre des pouvoirs manipulés par les habitants tiennent aux illusions, et l’autrice exploite jusqu’au bout les potentialités de ces enchantements. Pour quelqu’un qui a du mal à se faire des images mentales, je ne peux pas dire que j’ai beaucoup profité des paysages toujours changeants du Pôle. Cependant, la prose est un régal, et Ophélie prend une indépendance qui est réjouissante à suivre.

 

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adventurous dark tense fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: Yes
Flaws of characters a main focus: Yes

La Tourmente n’est pas un endroit où il fait bon vivre, au point que seuls les Solitaires peuvent y survivre. Les autres humains se sont réfugiés sur les archipels flottant au-dessus de ces terres noyées dans une brume toxique. Neige, Solitaire qui survit en fouillant les épaves et en revendant des pièces aux marchands des archipels, n’en croit pas ses yeux quand il découvre une petite fille visiblement abandonnée dans la Tourmente, et qui n’a pas succombé à son poison alors qu’elle est clairement issue d’un archipel. Petit à petit, la confiance s’installe entre ces deux êtres abandonnés, mais vient le moment où la jeune fille doit partir à la recherche de ses origines, qu’elle le veuille ou non. C’est un périple extraordinaire qui l’attend, d’archipel en archipel, où les mystères semblent aussi impénétrables que la brume qui nappe la Tourmente, et tout aussi dangereux.
Ce roman d’afro-fantasy par une autrice francophone originaire de Martinique a beaucoup pour plaire. Dans un univers complexe, aux légendes mystérieuses et traversé par toutes sortes de personnages hauts en couleur et d’embarcations plus ou moins stables, l’héroïne cache elle-même bien des secrets dans les tréfonds de sa mémoire. Ce qui se révèle petit à petit, c’est un univers encore plus vaste, qui entrelace des questions de religion, de superstition, de magie et de science. Ce premier tome pose quelques bases qui promet des révélations encore plus spectaculaires dans les volumes suivants. Si cette complexité n’est pas ce que je cherche dans un livre de fantasy, j’ai apprécié ici la prose de l’autrice, qui est précise et élégante, ainsi que sa créativité dans la création du monde et des personnages.
Finalement, ce que j’ai moins aimé tient avant tout d’une sensibilité personnelle et pas du tout de la qualité du roman. En l’occurrence, le calque presque direct entre la religion fictive du livre et le christianisme (mais c’est peut-être un élément explicité dans un tome futur), et le rythme qui est parfait pour un roman YA mais qui ne m’a pas laissé le temps de m’immerger dans les environnements pourtant très bien décrits. Enfin, un élément assez violent est utilisé d’une manière que j’ai trouvé désinvolte et cela ne m’a pas particulièrement plu, mais d’une part c’est un tout petit détail qui tient en une ligne dans l’histoire, et d’autre part ce serait un spoiler d’en dire plus donc je ne développerai pas.
Rep : personnages noirs, héroïne qui semble queer mais ce n’est pas précisé.

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challenging hopeful informative fast-paced

Dans ce petit livre au prix tout doux, qui se glisse facilement dans une poche ou, au hasard, sous le sapin, Salomé Saqué trace les contours d’une résistance nécessaire au quotidien. S’appuyant sur le climat politique et culturel de l’année, l’autrice revient sur les causes de la montée de l’extrême-droite et décrypte les moyens qu’elle emploie pour mieux nous permettre de les repérer et de les questionner. Si les premiers chapitres sont assez durs dans leur exploration de la banalisation de la haine, une bonne partie de ce livre est un appel à, surprise, résister. Comment déjouer la rhétorique dangereuse de cette frange du monde politique, comment rétablir la vérité, comment la partager et la défendre. J’ai aimé dans ce livre que l’autrice trouve un équilibre entre une posture non-partisane et l’aveu qu'il n'existe pas de journalisme objectif. Voici un petit précis de résistance qu'il fait bon offrir tout autour de nous.
informative medium-paced

Ce beau volume d’1,85 kg rassemble le travail de cinq auteurices et trois artistes qui font vivre la Terre du Milieu au Deuxième Âge. Cette période de presque 3500 ans est moins bien détaillée par J.R.R. Tolkien que les Premiers et Troisièmes Âges, mais englobe l’histoire fascinante de Númenor, qui est au cœur de la série “Les Anneaux de Pouvoir”.
Dans la bibliographie déjà disponible en français, il faut aller piocher dans Le Silmarillion et les Contes et légendes inachevés, ainsi que dans certains volumes de l’Histoire de la Terre du Milieu (dont certains ne sont pas encore traduits en français) pour en apprendre plus sur ce récit. Du côté anglophone, Brian Sibley a édité le volume la Chute de Númenor, illustré par Alan Lee, pour raconter de manière chronologique toute l’histoire de cette île fabuleuse.
L’Encyclopédie que publie Hors Collection propose un panorama très complet en français des connaissances sur le Deuxième Âge. Après une longue introduction contextuelle et une frise chronologique, les notices sont réparties en plusieurs catégories : personnages, peuples, société númenóréenne, langues, objets, lieux, faune et flore, évènements, textes, et inspirations. Étant donné le nombre de notices ( au nombre de 76), il y a nécessairement des recoupements et des répétitions d’informations, mais je félicite le travail de recherche et l’exhaustivité des textes. J’ai tout particulièrement apprécié la section sur les inspirations, qui m’a fait découvrir “Imram” et “les quatre talismans de l’Irlande” que je ne connaissais pas ou dont j’avais une idée extrêmement floue.
La mise en page de ce volume est aérée et rend la lecture agréable sous bonne lumière (ma lampe de chevet faiblarde rendait les fins caractères gris foncé sur fond noir parfois un peu flous). Les nombreuses illustrations de Sandrine Gestin, David Greset et Amandine Labarre se déploient sur des pleines pages, entre panoramas chatoyants et croquis plus intimistes. J’ai été plongée dans le passé en retrouvant quelques toiles de Sandrine Gestin que j’admirais quand j’étais sa plus grande fan. Les différents styles des artistes se marient parfaitement.
La manipulation de ce beau livre était parfois malaisée du fait de son poids conséquent, mais c’est le prix à payer pour un papier agréablement épais, et des marges conséquentes qui font respirer le texte. Une double bibliographie (sources primaires / secondaires) et un double index (Monde Primaire / Monde Secondaire) complètent cet ouvrage qui ravira les fans de Tolkien intrigués par les bribes entraperçues dans Le Seigneur des Anneaux, ou par la série des Anneaux de Pouvoir, et qui ne souhaitent pas courir après l’information dans de multiples tomes différents.
Merci à la maison d’édition Hors Collection pour l’envoi de ce service de presse. Collaboration non rémunérée.
adventurous challenging mysterious tense fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

Dans un monde d’arches que séparent un vide infini, Ophélie est une liseuse d’un genre particulier. En touchant des objets, elle peut remonter le cours de leur histoire et apprendre quelques bribes sur leurs propriétaires. Cela fait d’elle la parfaite directrice d’un petit musée qui n’intéresse pas grand-monde sur Anima. Mais voilà que sa famille décide d’un mariage diplomatique et l’envoie sur une Arche lointaine épouser Thorn, héritier glacial et rébarbatif d’une famille puissante. Ophélie découvre un monde d’intrigues et de dangers omniprésents, mais surtout, elle découvre ce dont elle est capable pour s’affirmer.
Cela a beau être ma troisième lecture de ce roman (la première datant de 2016), je suis toujours aussi impressionnée par l’inventivité de l’autrice. Christelle Dabos déploie ici non pas un mais deux mondes foisonnants d’idées, qui suscitent des centaines de questions mais qui ne laissent pas le lectorat frustré malgré l’absence de la plupart des réponses. Sur Anima, les habitants peuvent manipuler les objets mentalement. L’oncle d’Ophélie les répare, sa tante est spécialiste du papier, quand d’autres animent les voitures sans besoin de moteur. En plus de ses dons de liseuse, Ophélie est une passe-miroir : à condition d’affronter son reflet sans se faire d’illusions, elle peut passer d’un reflet à l’autre et voyager ainsi sur de courtes distances. Malheureusement, la Citacielle où son fiancé l’emmène est trop loin d’Anima pour permettre un tel voyage. Là-bas, les pouvoirs des différentes familles sont autrement plus agressifs, et la société stratifiée se révèle d’une complexité étourdissante.
Bien que je sois vite perdue dans les univers aussi complexes que celui-ci, je passe quand même un excellent moment dans ce premier tome parce que les personnages et leurs interactions sont délicieux. Ils ne sont pas particulièrement attachants, à part Ophélie, mais on finit bon gré mal gré par s’y attacher, par une magie que je n’explique pas tout à fait. Et puis, le fait qu’Ophélie soit aro-ace, ce qui n’est pas écrit tel quel et que je n’avais pas les moyens de repérer lors de ma première lecture, rend le tout encore meilleur.
dark emotional reflective sad slow-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: Yes
Flaws of characters a main focus: Yes

Spanning generations of Dakhóta women, this novel is a must-read for its beauty, its harshness and its cry for community.
In the wake of grief, Rosalie Iron Wing escapes to the woods and reconnects with her childhood home, the one she was torn away from long ago. There, memories rise to the surface and unexpected help is waiting, within the land and those tending it. She remembers her friend Gaby, who attended law school in the hope of finding legal ways to fight for their people. Rosalie has always feared that to other Dakhóta people, her marriage to a white man would be seen as treason. But there was a lot involved in that decision, and it led her to where she stands now, surrounded with family heirlooms, not the least of which being humble seeds hosting so much potential.
I was first drawn to this book because of its cover, and then because of its Indigenous author & themes. Strongly rooted in what is now known as Minnesota, the narrative sheds light on the individual journeys of Indigenous people faced with the brutality of settler colonialism and the many ways in which it has relentlessly striven to eradicate Indigenous identities. Through the characters of Rosalie and Gaby as well as their ancestors, we share the point of view of farmers and eco-warriors who have a hundred occasions to give up but find strength in nature & community. 
CW: racism, alcoholism, residential schools, grief, ecocide.

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emotional hopeful reflective medium-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: Yes
Flaws of characters a main focus: Yes

Frances is the epitome of an overachiever. For years now her life has been dictated by her one goal to study literature at uni, get a good job and have a perfectly normal life. In the meantime, she's the number one fan of a podcast by the very mysterious Radio Silence, about a lonely character trying to escape a dangerous city. What Frances is not expecting is getting to know the elusive Radio and forming bonds that will question her life plans.
Alice Oseman’s second novel is just as heartfelt as her other books. Dealing with parasocial relationships, toxic family relationships and the family you create for yourself, this one was also a perfect blend of emotional and fun.
I’ve been stuck in the Oseman-verse since watching Heartstopper seasons 2&3, and this one definitely helped although I'm not sure I'm ready to leave her affirming and gentle world for another type of book quite yet.
Rep: mixed-race British-Ethiopian bi MC.
CW: 2 mentions of HP.

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adventurous challenging dark tense fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: N/A
Flaws of characters a main focus: Yes

2050, Bordeaux. La ville est stratifiée par des corporations toutes-puissantes. La plupart des habitants sont trop occupés à s’assurer une subsistance, voire un déménagement dans les étages hauts, qu’ils ne s’interrogent pas sur le bien-fondé du système qui les enferme. Alice en fait partie. Elle observe son voisin Josh, jusqu’à ce que celui-ci obtienne un score de popularité irrationnel à l’émission hebdomadaire qui recueille les votes du public. Voilà l’apprenti compositeur propulsé dans une vie de privilège, et Alice recherchée pour avoir piraté le système. Ce qu’elle a fait, mais pas consciemment. Car Alice est une hackeuse naturelle, et très vite, elle devient une proie.
Cette dystopie à la française laisse peu de répit à ses personnages. Sous la plume précise de Florence Rivières, leurs croyances sont mises à mal et il faut bien qu’iels ouvrent les yeux et plongent dans les entrailles du monde pour mieux le secouer. J’ai ouvert ce livre sans en savoir plus que son pitch et la confiance absolue que j’ai en son auteurice (que je remercie chaudement pour ce beau cadeau). Il est tristement facile d’imaginer le futur dépeint dans The Yggdrasil Network (roman en français, je précise) avec sa marchandisation à tout-va, l’isolement des individus et la dégradation inexorable du concept de société. Cependant, et de là vient la lumière de ce livre, les outils de la résistance sont déjà entre nos mains, et si le récit fait le pari d’une touche de fantastique très ténue, ce n’est que la réalisation de théories du complot déjà bien ancrées aujourd’hui et qui sont ici renversées pour mieux servir la révolution.
Cerise sur le gâteau, l’objet-livre est un délice, depuis la couverture de Chloé Rousseau-Maurice jusqu’à la couverture cartonnée et cette petite taille toute mignonne qui tient parfaitement en main — je veux que tous mes livres adoptent ce format, merci.