mariebrunelm's Reviews (478)

reflective fast-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: N/A

Au gré d'une balade dominicale en famille, une jeune fille, ou une jeune femme, la frontière est floue à cet âge-là, se détache du petit groupe pour emprunter le chemin qui traverse la forêt, au lieu de la longer comme le veut l'habitude. Sa pérégrination l'emmène plus profondément dans les bois, au rythme des souvenirs qui affluent et dessinent la carte de son être. La rencontre avec un renard qui semble tout droit sorti d'un conte de fées est-elle alors le fruit du hasard ou de l'imagination de la narratrice nourrie de lectures ? 
Ce très court roman m'a charmée par sa prose. Nul mot recherché ici, mais des phrases agencées avec malice, qui ne prennent pas toujours la direction que j'attendais, et qui ont capté mon attention, peut-être plus encore que le récit pourtant très sensible de la traversée par la protagoniste des eaux troubles de l'adolescence. Pauline Harmange mêle le présent, le passé, le folklore et la pop culture pour explorer les ramifications de cette rencontre à travers les yeux d’un personnage dans lequel je me suis reconnue sans difficulté.

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informative inspiring fast-paced

This short and playful essay will give you the basics to write and read poetry. It does not linger on obscure considerations of theory, but rather exposes clearly the tenets of poetry through a focus on sound, versification, voice, and imagery. Here Mary Oliver has the same congenial voice she has in Upstream, and the same eye for detail that she applies to highlighting effects of style in a variety of extracts taken mostly from American poets. This is a good introduction to the art of the verse, whether you're interested in writing or reading it.
dark emotional reflective slow-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

Les sœurs Félicité et Agonie n’ont qu’un pied dans le réel. La première a appris l’art du thé. Un thé pour réveiller les souvenirs, un thé pour oublier, un thé pour attirer les fantômes,… Les vivants et les morts se pressent dans son salon niçois. Agonie, elle, a un pouvoir digne de son nom. Elle en est marquée depuis sa naissance, quand sa mère a décidé de ne pas l’aimer. Les deux sœurs n’ont pas grandies ennemies. Pourtant, elles se sont éloignées voilà trente ans. Seule la mort soudaine de leur mère peut les rapprocher. Comme une théière réparée par l’art minutieux du kintsugi, pourront-elles recoller les morceaux, sans oublier les blessures mais en réécrivant leurs conséquences?
J’attendais avec intérêt le deuxième roman de Chris Vuklisevic après avoir été enthousiasmée par Derniers jours d’un monde oublié. Mon petit cœur n’a pas résisté à cette couverture, mais j’ai senti que le texte cachait également bien des secrets. Nulle quête héroïque ici, nul démon à affronter si ce n’est ceux que l’on porte sous la peau - voire sous la langue pour Agonie. C’est une histoire que l’on sent très personnelle, ancrée dans la ville de Nice et son arrière-pays, où les habitants sont parfois aussi intransigeants que le soleil écrasant.
“Une sorcière, ils la chassent ; pas de sorcière, ils s’en fabriquent une.”
Du thé pour les fantômes est un récit infusé de folklore qui parle avant tout de famille et de secrets : de ceux qui blessent, qui réparent ou qui envoient les gens sur les routes à la recherche d’une réponse ou d’un peu de répit. Parfois, les émotions éclatent et le texte se brise pour laisser des fragments poétiques exprimer les tourments des personnages. Les collines arides renvoient leurs voix et absorbent leurs émotions comme elles absorberaient la pluie.
Voilà un roman assez loin des poncifs de la SFFF, qui enchâsse les récits et les lie par une prose à la fois souple et chantante. Une belle découverte!

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dark mysterious reflective medium-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

Dans une forêt bourguignonne coule une rivière qui alimente un lavoir. Sa source est gardée par un muret sur lequel une sirène fixe de ses yeux vides la famille de Seine, qui a grandi là avec ses sœurs et ses parents avant de s’y réfugier, adulte, pour écrire. Sous le regard de la créature, passé et présent se mêlent, et les contours mêmes du réel se brouillent.
Sirène à la Source fait partie la collection Chronopages des éditions 1115 : des nouvelles qui se lisent en moins d’une heure et permettent de voyager à moindres frais, en plus de découvrir un.e auteurice! Celui-ci m’a été conseillé pour le lien entre terroir et folklore et je n’ai pas été déçue. Dans la forêt bourguignonne, les descriptions sont évocatrices mais laissent planer un degré d’incertitude. Seine est-elle une narratrice fiable? Sa méfiance envers la sirène qu’elle aperçoit par la fenêtre est-elle justifiée? Ce texte très court ne laisse pas sur sa faim bien qu’il soit de l’ordre de l’évocation plus que de l’affirmation. J’ai pris plaisir à le lire une fois, puis une deuxième fois, pour en saisir la subtilité.

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adventurous dark tense fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

Kell is a thief by choice. Lila is a thief by necessity. The former can travel across different Londons, turning his manifold coat on the side relevant to the place to blend in or stand out. The latter is stuck in her Grey London, looking for one thing: escape. Of course the two were bound to meet. But what happens when they do might very well change the destinies of both.
This book was objectively excellent. I love V.E. Schwab’s way with words. She can turn a phrase as delightful as Leigh Bardugo and the two are equally good at crafting a narrative that will hook you but also leave many hints that you will or will not get.
In A Darker Shade of Magic, it’s not really about who’s good and who’s bad. It’s all a matter of perspective, really, and the real baddies (because yes, there are a couple of truly awful people) are not the antagonists. This is one of the things the author highlighted in her video series that serves as a readalong, and I loved that distinction. I love that big phrases such as “villains” or “saving the world” aren’t relevant in this book. The focus is on the intricacies of characters’ motivations and relationships, and it makes for a much more delectable reading experience in my opinion.
I’m so sad that I didn’t get the spark of a favourite book when reading this one, because I cannot find any fault in it. I loved every aspect of it. Maybe that’s just a matter of the moment I read it, when I was craving a different type of book, with less magic. But this book is still excellent and I highly recommend it.
Rep: the vibe is very queer without any label assigned to the characters.

 

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emotional lighthearted reflective medium-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: Yes
Flaws of characters a main focus: Yes

C’est le début de l’année scolaire, mais Mai est paralysée par une phobie scolaire. Ses parents l’envoient passer quelques semaines avec sa grand-mère anglais, dans la campagne japonaise.
Ce court roman, dont les premières pages évoquent l’installation de Mei et Satsuki dans Mon Voisin Totoro, a le charme des réalisations du Studio Ghibli mais aussi l’amertume qui s’immisce dans certains de ces dessins animés. Car on sait que la parenthèse enchantée que Mei vit avec sa grand-mère n’est pas destinée à durer. C’est quand même l’enchantement qui se dégage de ce roman à travers les yeux de Mai qui observe avec appétit tout ce qui l’entoure, entre le poulailler où elle collecte les œufs et le sentier qui mène à son petit coin rien qu’à elle, bordé de fraises des bois.
J’ai adoré ce livre qui m’a rappelé Le Livre d’un été de Tove Jansson, dans lequel on passe aussi quelques semaines avec une petite fille et sa grand-mère. Les deux se répondent sur bien des aspects et combleront les envies de légèreté douce-amère au creux de l’hiver ou à l’approche de l’été.

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adventurous emotional tense fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: Yes
Flaws of characters a main focus: N/A

Hidden between the walls of a fortress none but its inhabitants can see, Tarisai grows up longing for her mother's love. But The Lady is often on the road and her visits home are short. She is however determined for her daughter to carve a future worthy of her, and so she sends her to the capital with the mission to kill a boy while taking part in a competition. Tarisai soon discovers that the series of trials held in the company of the prince will determine the members of his council. She is supposed to take part like the others. But as soon as she meets the prince, a terrible urge to kill rises in her. She has found her mother's target.
Ready for a breathless adventure alongside very loveable characters in an Africa-inspired land? Raybearer was more YA than the adult novel I'd expected, but I didn't have time to wonder about that as I was swept away and held on the edge of my seat by Jordan Ifueko. The novel kept a fast rhythm, as fast as the drums that keep beating in the background of Tarisai's whereabouts, but it never lost sight of its characters and their emotional journeys. I loved the cast and the lush world-building, and if the last revelations were a bit too hasty to leave me time to process them, they all sounded right and made the pieces click together. 
Rep: polyamourous characters, asexual character.

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adventurous mysterious fast-paced
Plot or Character Driven: A mix
Strong character development: Yes
Loveable characters: N/A
Diverse cast of characters: N/A
Flaws of characters a main focus: No

Sur la petite île d’Hiklion, Sophia et Théo sont les meilleurs amis du monde. Ils ont une dizaine d’années et commencent à dessiner leur avenir. Pour Sophia, il s’étend sur l’île de Philopolis, où se dressent les murs blancs et les coupoles bleues de l’Université. Pour y parvenir, il faut passer un terrible examen dont l’échec est synonyme d’un sort pire que la mort. Le frère de Théo l’a subi, et bien qu’il soit rentré chez lui, sa vie n’est plus la même. Alors Théo est prêt à tout pour sauver Sophia, quitte à braver tous les dangers.
Voilà un roman ado qui fleure bon le soleil et l’huile d’olive. Je ne crois pas avoir lu un roman inspiré de la Grèce qui ne soit pas une réécriture de mythe, même si on est ici dans une Antiquité réinventée où la Grèce et l’Italie se mêlent. Le principe de la magie, portée par les mots, était fait pour attirer mon attention : je suis ravie d’avoir pu lire ce roman en avant-première grâce à @netgalleyfrance et @scrineo.
J’ai passé un agréable moment sur les îles de la mer Irémia, à me laisser bercer par la voix de la conteuse qui met l’histoire en abyme et révèle juste ce qu’il faut de la suite pour titiller la curiosité et faire tourner les pages un peu plus vite. La relation entre Sophia et Théo m’a particulièrement enchantée dans son absence de romance : enfin un roman ado dans lequel un garçon et une fille peuvent être liés par une amitié profonde sans qu’elle n’évolue en relation amoureuse! J’ai simplement trouvé leur maturité un peu étonnante pour des enfants de 10 et 11 ans, mais c’est une réflexion que je me fais très souvent dans les romans ados (Six of Crows I’m looking at you) donc je ne me suis pas attardée là-dessus. J’étais de toute façon bien occupée à suivre les aventures de nos deux protagonistes, et leurs atermoiements. Si certains passages m’ont semblé un tantinet longuet et répétitif, je conçois sans peine que cela reflète les pensées qui tournent parfois en rond dans la tête des personnages.
Le parcours des deux amis est touchant, et sans trop révéler l’intrigue, j’ai aimé les questions que cela posait, notamment sur l’autorité et la légitimité. Je suis mal placée pour juger de la représentation du handicap, mais je serai curieuse d’avoir l’avis d’une personne plus au fait.  J’ai l’impression que ce pan de l’histoire aurait mérité plus de nuance car les répétitions insistantes sur le fait que ce sort est pire que la mort, et le traitement réservé aux personnes touchées, m’ont personnellement dérangées. 
La Cité du savoir sort le 25 mai chez Scrinéo, et je le conseille si vous avez envie d’une aventure dépaysante dans un cadre méditerranée, avec une touche de dark academia et de renversement du pouvoir.

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dark emotional reflective medium-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: No
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: No
Flaws of characters a main focus: Yes

This well-known and well-loved novel tells about David, an American in Paris in the 1950s, and especially about his relationship with Giovanni at a time of hypocrisy when queer love is not tolerated but is everywhere in the capital. It’s hard not to succumb to Baldwin’s lyrical prose and the ease with which he talks about the human experience. David is certainly not a perfect man (his relationship with women has its dark spots, let’s put it that way), but his humanity shines through the pages and rings very true.
I was surprised to read that the two main characters were white, having been led to believe Baldwin tackled the intersection of the queer and Black identities, but I know he has many other books to have a look at, and Giovanni’s Room is certainly not the last one of his that I read.

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dark mysterious reflective slow-paced
Plot or Character Driven: Character
Strong character development: Yes
Loveable characters: Yes
Diverse cast of characters: Yes
Flaws of characters a main focus: Yes

Kerhoded est une ville pétrie de contradictions, entre refuge et intolérance, entre lumière et ombres des complots et des secrets. Réva s’y trouve entre deux mondes, issue d’une population immigrée et victime de xénophobie, mais prise par une patricienne sous son aile et élevée dans les hautes sphères de la Cité. De nombreux rouages tournent sans qu’elle en soit consciente, et quand elle est envoyée avec un groupe armé pour enquêter sur la disparition d’une délégation loin des murs protecteurs de Kerhoded, qui sait ce qui l’attend sous les ramures de la forêt?
À nouveau, voici un roman que j’attendais avec impatience depuis sa campagne de financement participatif l’an dernier. Je me méfiais de mon propre enthousiasme, mais quel bonheur de constater qu’il a été récompensé! Hélène Néra offre avec Kerhoded un livre tout en subtilité, qui prend le temps de présenter son héroïne dans toute sa complexité, et la ville qui donne son titre au roman. Un peu trop de temps, diront les esprits chagrins, mais cela ne rend les renversements que plus savoureux. Car, sans rien divulguer de l’intrigue, Kerhoded est un livre qui ne prend pas les directions attendues, pour mon plus grand plaisir. On pense comprendre bien les enjeux, mais c’est sans compter sur la connaissance limitée que les habitants de Kerhoded ont des terres au-delà des frontières de la Cité. Le mélange des genres auquel se prête l’autrice fonctionne à merveille et aboutit à une lecture à la fois prenante et déconcertante, servie par une plume élégante et fouillée en toute fluidité.
Rep : héroïne noire sapphique, ensemble de personnages racisés.
Les avertissements sont disponibles à la fin du livre : racisme, maltraitance infantile, morts brutales et meurtres, sang, sexisme, effondrement écologique, forêt oppressante. Je tiens à dire que tout est extrêmement bien amené, et qu’il n’y a pas de scène proprement choquante.

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